Inauguration du Jardin Malraux à l’Université de Dacca

Le 26 avril 2014, le Jardin Malraux a été inauguré à l’Université de Dacca, sous l’égide de l’Alliance française, et en présence de Mozammel Huq, Ministre bangladais des Anciens combattants, Arefin Siddique, Vice-chancelier de l’Université de Dacca, et Bernard-Henri Lévy. Ci-dessous le discours prononcé à cette occasion par l’Ambassadeur de France au Bangladesh, S.E.M. Michel Trinquier.

PNG

Monsieur le Ministre des Anciens combattants de la guerre de Libération, AKM Mozammel Huq,

Monsieur le Vice-chancelier de l’Université de Dacca, Prof. AAMS Arefin Siddique,

Monsieur Bernard-Henri Lévy,

Mesdames et messieurs,

Bonjour.

C’est avec grand plaisir que je suis parmi vous aujourd’hui à l’occasion de l’inauguration du Jardin Malraux à l’Université de Dacca.

Au Bangladesh, il est inutile de présenter l’auteur de La condition humaine, le créateur de l’escadrille España, le Colonel Berger de la résistance, ou encore le Ministre de la culture du Général de Gaulle.

En honorant le souvenir d’un Grand Français, d’un Citoyen du Monde, toujours prêt à mettre sa réputation et son influence au service de causes qu’il jugeait justes, cette inauguration est l’occasion de célébrer et de consolider l’amitié franco-bangladaise. Je tiens à exprimer mes plus vifs remerciements au Vice-chancelier de l’université de Dacca pour avoir accepté qu’une partie de cette illustre institution soit dédiée à la mémoire d’André Malraux. Merci également à l’Alliance française de Dacca, qui est à l’origine de ce projet.

André Malraux est incontestablement chez lui dans cette université. C’est ici-même que le 21 avril 1973, il prononça les mots forts figurant sur la plaque qui orne le Jardin Malraux : “Etudiants de Dacca, je parle aujourd’hui pour la première fois, dans la seule université du monde où il y a plus de morts que de vivants !”. S’il y avait, hors du Bangladesh, un homme parfaitement conscient des traumatismes engendrés par la guerre de 1971, c’était bien André Malraux.

Parce que le peuple français est épris de culture et de liberté, nous sommes fiers qu’une personnalité de la stature d’André Malraux appartienne à l’histoire du Bangladesh comme à celle de la France, qu’elle soit aussi chère au cœur des Bangladais qu’à celui des Français. Ceux qui vécurent les heures sombres de la guerre de
Libération du Bangladesh se souviendront du formidable espoir que suscita l’appel lancé par Malraux pour venir en aide au peuple Bengali en lutte pour son indépendance. Cet appel aux armes et sa lettre au Président Nixon, firent d’André Malraux le porte-parole du Bangladesh sur la scène internationale.

En France, l’un des tout premiers à répondre à l’appel de Malraux était un jeune normalien, nouvellement reçu à l’agrégation de philosophie, qui lui écrivit le 21 septembre 1971 pour lui demander audience. Ce jeune homme s’appelait Bernard-Henri Lévy, qui nous fait l’honneur d’être parmi nous aujourd’hui. Quelques semaines plus tard, celui qui n’était pas encore l’un des plus brillants intellectuels français, arriva à Calcutta afin de couvrir la guerre de Libération pour Combat. Avec une unité de maquisards, il pénétra ensuite dans ce qui était encore le Pakistan oriental, et, après l’indépendance, mit brièvement ses connaissances en économie au service de la première administration bangladaise.

De retour en France, Bernard-Henri Lévy publia en 1973 Les Indes rouges, encore à ce jour seul livre en français sur la guerre de Libération du Bangladesh. La version bengalie de cet ouvrage, éditée par l’Alliance française de Dacca, est désormais disponible dans la traduction de M. Shishir Battacharja. Il convient également d’ajouter que les 10 pages de l’entrée « Bangladesh » du dictionnaire Malraux sont signées Bernard-Henri Lévy. On ne pouvait songer à meilleur invité pour cette inauguration.

Pour conclure, je forme le vœu pour que ce Jardin Malraux serve à rappeler aux étudiants et aux visiteurs de l’Université de Dacca qu’en 1971, à huit mille kilomètres de chez eux, à Paris, vivait quelqu’un que la souffrance et les espoirs de leurs aïeux ne laissaient pas indifférent. Bien qu’il n’eût pas l’occasion de lutter physiquement à leurs côtés, André Malraux prit leur défense avec les armes qu’il maniait le mieux – la plume et la voix.

Vive l’amitié franco-bangladaise. Longue vie au Jardin Malraux.

Dernière modification : 19/05/2014

Haut de page